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Guide · 5 min de lecture

Classé C et pourtant invivable en août : ce que le DPE toulonnais ne dit pas

Un logement toulonnais peut être correctement classé et rester insupportable en août. Ce n’est ni une contradiction ni une erreur de diagnostic : c’est une conséquence directe du mode de calcul de l’étiquette et de la zone climatique de la commune. Voici le mécanisme, pas à pas, et ce qu’il change pour décider des travaux.

Façade d’immeuble d’habitation en plein soleil, une partie des baies portant une occultation extérieure à lames et l’autre entièrement nue
Façade d’immeuble d’habitation en plein soleil, une partie des baies portant une occultation extérieure à lames et l’autre entièrement nue.

Premier fait : l’enveloppe toulonnaise est la plus dégradée des dix-huit communes

33 002 murs insuffisants sur 42 298 renseignés

Sur les 42 299 diagnostics de performance énergétique relevés à Toulon, 78,0 % des murs sont classés à isolation insuffisante, soit 33 002 logements sur 42 298 diagnostics renseignés. L’enveloppe prise globalement suit : 75,7 % d’insuffisantes, soit 32 001 logements sur 42 299 diagnostics.

Ces deux parts sont les plus élevées des dix-huit communes du périmètre couvert. Aucune autre commune n’atteint ce niveau, et l’écart n’est pas marginal.

La cause est dans l’âge du parc, et elle se mesure aussi : 72,4 % du parc diagnostiqué est antérieur à 1975 et 10,8 % seulement a été bâti depuis 2001, la part la plus basse des dix-huit. C’est le parc le moins renouvelé du périmètre.

Deuxième fait : l’étiquette, elle, reste massée au milieu de l’échelle

4 603 logements en A ou B sur 42 299

On s’attendrait à trouver un parc de mauvaises lettres. C’est l’inverse. 84,8 % du parc diagnostiqué est classé C, D ou E : 17 636 logements en C, 13 136 en D et 5 112 en E.

Aux deux bouts, presque rien. 4,3 % du parc est classé F ou G, soit 1 446 logements en F et 366 en G. Et 10,9 % seulement est classé A ou B, soit 4 603 logements, la part la plus basse des dix-huit communes du périmètre.

Une enveloppe très dégradée et une étiquette moyenne : les deux affirmations sont vraies en même temps, sur le même parc, dans la même base.

Occultation extérieure en cours de pose, coulisses fixées dans le tableau et emplacement de coffre encore ouvert en partie haute
Une occultation extérieure en cours de pose, tablier à lames orientables partiellement descendu.

Troisième fait : la zone climatique explique l’écart, et elle l’explique entièrement

42 060 diagnostics sur 42 168 renseignés

99,7 % du parc diagnostiqué toulonnais est en zone climatique H3. C’est la zone où le besoin de chauffage est le plus faible du découpage réglementaire.

Or le diagnostic de performance énergétique mesure d’abord ce besoin. Quand le besoin de chauffage est faible, la contribution d’un mur non isolé au calcul devient faible elle aussi. Le mur reste nu, mais il ne fait pas basculer la lettre.

C’est tout le mécanisme. Il n’y a rien d’autre à comprendre, et il tient en une phrase : à Toulon, l’étiquette ne dit pas ce qu’il y a à faire.

La moitié de ce guide est derrière vous. Ce qui vaut chez vous, lui, se relève sur place.

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Ce que cela change pour le levier réglementaire et pour les aides

F16, F02 et F03 croisés avec 84,8 %

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location en France métropolitaine, et l’interdiction s’étendra aux logements classés F en 2028 puis aux E en 2034. À Toulon, cette contrainte ne concerne aujourd’hui que 4,3 % du parc diagnostiqué. Pour la très grande majorité des propriétaires, le levier réglementaire ne joue pas.

Du côté des aides, MaPrimeRénov’ propose deux parcours. Le parcours par geste finance un travail isolé. Le parcours de rénovation d’ampleur réunit plusieurs travaux parmi l’isolation, le chauffage, la ventilation et l’eau chaude sanitaire, avec un audit énergétique avant et après, et une prise en charge de 10 à 80 % selon les revenus, dans la limite d’un plafond de dépenses de 30 000 € HT porté à 40 000 € selon les gains énergétiques.

Ce second parcours se paie au gain de classes. Partir de C ou de D le rend difficile à atteindre, et c’est la situation de 72,8 % du parc diagnostiqué de la commune. Le dire est plus utile que de le taire : un propriétaire classé D qui monte un dossier de rénovation d’ampleur en attendant un saut de classes prépare une déception.

Doublage intérieur en cours de pose, ossature et panneaux isolants sur une moitié du mur, maçonnerie nue sur l’autre
Un doublage intérieur en cours de pose, panneaux isolants insérés entre les montants sur une moitié du mur.

Sur quoi arbitrer à la place, et c’est mesuré aussi

10 740, 11 079 et 8 551 logements

Trois indicateurs disent ce que la lettre ne dit pas, et ils sont dans le même diagnostic.

Le confort d’été, d’abord : 32,3 % des logements diagnostiqués de la commune sont jugés insuffisants sur ce point, soit 10 740 logements sur 33 274 diagnostics renseignés. Cet indicateur fait partie du diagnostic, et il n’entre pas dans le calcul de la lettre. C’est l’exemple le plus net de l’écart.

La protection solaire extérieure, ensuite : 33,3 % des logements diagnostiqués n’en ont aucune, soit 11 079 logements sur 33 274 diagnostics renseignés. Il s’agit des volets, persiennes, stores ou brise-soleil posés à l’extérieur du vitrage.

La ventilation enfin : 21,1 % des logements diagnostiqués ne sont ventilés que par l’ouverture des fenêtres, soit 8 551 logements sur 40 546 diagnostics renseignés, et 14,5 % de plus par entrées d’air hautes et basses.

Ces trois indicateurs décrivent ce qu’on vit dans un logement. Aucun des trois ne pèse sur la lettre. C’est pourtant sur eux qu’il faut décider.

Ce que cela donne comme ordre de travaux

Trois postes, dans cet ordre

D’abord ce qui se tient devant la vitre. C’est le poste qui répond à la chaleur d’août, et il manque à un tiers du parc diagnostiqué. Une occultation posée à l’extérieur du vitrage arrête le rayonnement avant qu’il n’entre. Un rideau intérieur, non.

Ensuite l’air. Un logement rendu plus étanche par des menuiseries neuves cesse de se renouveler par ses défauts. Les entrées d’air ou l’extraction se traitent dans le même chantier, sinon la buée arrive dans les mois qui suivent.

Le mur enfin, par le doublage intérieur, qui corrige la sensation de paroi froide en hiver et ne fait rien pour l’été. Il coûte de la surface habitable, et c’est le seul poste des trois qui demande d’accepter ce prix-là.

Ce guide décrit un mécanisme. Ce qui vaut chez vous se relève sur place, ouverture par ouverture.

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La lame et l’air

Cinq gênes, trois positions, un manque en sortie

« Il fait trop chaud l’après-midi, et ça ne redescend pas la nuit. »

Ce qui manque entre la pièce et la rue
Il n’y a rien devant la vitre : aucune protection solaire à l’extérieur du vitrage.
Ce que ça change dans le logement
Le vitrage laisse entrer le rayonnement du milieu de journée, et la chaleur reste dans les parois jusqu’au petit matin. Cela se joue de juin à septembre.
Le poste qui le traite
Occultation extérieure : volet, persienne, store ou brise-soleil posé à l’extérieur du vitrage.

32,3 % de confort d’été jugé insuffisant sur 33 274 diagnostics renseignés, et 33,3 % sans protection solaire extérieure sur 33 274 diagnostics renseignés.

Décrivez-nous ce qui vous gêne, on vous dit ce qui manque.

Ce que ça donne concrètement

Du guide au relevé, quatre étapes
  • Vous décrivez la gêne et le moment de l’année où elle se manifeste.
  • Nous convenons d’un créneau de visite par courrier électronique.
  • Le relevé porte sur les ouvertures, l’exposition, ce qui se tient devant les vitrages et la façon dont le logement se renouvelle.
  • Le devis suit, ventilé poste par poste, avec ce qui est compris et ce qui reste dehors.

La page métier qui porte ce sujet : la menuiserie comme poste de rénovation à Toulon.

Ce qui est vérifiable avant de signer se contrôle sur pièces. Ce qui se décide chez vous se relève au cours d’une visite.

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Ce que vous pouvez vérifier avant de signer

Trois points adossés à un texte opposable
  • Attestation d’assurance décennale remise avant l’ouverture du chantier, avec sa période de validité et ses activités déclarées.
  • Devis ventilé poste par poste, avec ses exclusions écrites plutôt que sous-entendues.
  • Mention de TVA portée sur le devis depuis le 1er mars 2025, qui remplace l’attestation séparée.

Pour aller plus loin : la menuiserie, l’occultation et l’air, ce que l’isolation change vraiment à Toulon, rénover un appartement toulonnais, le parc diagnostiqué de Toulon en détail.

Ce qu’en disent les propriétaires

Trois avis, choisis par rotation sur le périmètre

4,7 sur 5, moyenne de 3 avis

  • Chez nous l’aération ne tenait qu’à l’ouverture des fenêtres, avec la condensation qui allait avec en hiver. Le changement des menuiseries s’est fait avec une ventilation posée en même temps. Travail propre, et l’air de l’appartement n’a plus rien à voir.

    S. Toulon 5 sur 5

  • Ouverture d’un mur porteur entre cuisine et séjour, avec pose d’une grande baie ensuite. Pas le chantier le plus simple, et pourtant tout a été carré : étaiement, poutre, finitions. On nous a expliqué chaque décision avant de la prendre. Je referais appel à eux sans hésiter.

    B. Le Beausset 5 sur 5

  • Ravalement complet de notre façade avec reprise des fissures avant peinture. Le rendu est net et le chantier a été bien protégé. J’enlève une étoile pour le démarrage repoussé à cause de la météo, ce qui n’est pas de leur fait, mais j’aurais aimé être prévenu plus tôt.

    P. Ollioules 4 sur 5

Les questions qui reviennent sur ce point

Réponses sourcées sur le parc diagnostiqué

Le diagnostic est-il faux, alors ?

Non. Il mesure ce qu’il est fait pour mesurer, essentiellement un besoin de chauffage rapporté à une surface. Il le fait correctement. Ce qu’il ne fait pas, c’est décrire le confort réel d’un logement méditerranéen en été. L’indicateur de confort d’été figure d’ailleurs dans le document, mais il n’entre pas dans le calcul de la lettre. Le diagnostic n’est pas faux, il répond à une autre question que celle que se pose le propriétaire toulonnais.

Est-ce vrai partout dans le périmètre couvert ?

Le mécanisme vaut sur tout le périmètre, mais les parts diffèrent d’une commune à l’autre. La Farlède compte 32,7 % de logements classés A ou B sur 1 422 diagnostics et 0,8 % seulement en F ou G, quand Solliès-Toucas compte 4,8 % de F ou G sur 800 diagnostics, la part la plus élevée des dix-huit. Chaque page de commune porte le relevé de son propre parc diagnostiqué.

Faut-il refaire faire un diagnostic avant de décider ?

Pas nécessairement. Un diagnostic récent suffit à lire les champs utiles : qualité d’isolation des murs, des menuiseries et du plancher bas, indicateur de confort d’été, présence d’une protection solaire extérieure, type de ventilation. Ce sont ces champs qui orientent, pas la lettre de couverture. Nous les lisons avec vous à la visite.

Deux guides voisins

Sur les huit que compte le site

La façade, la toiture et les colonnes communes ne sont pas dans ce chantier.

Décrivez la gêne, pas la solution

Réponse par courrier électronique à contact@renovation-maison-toulon.fr

Dites-nous ce qui vous gêne chez vous

Décrivez la gêne, pas la solution : ce qui chauffe, ce qui ferme mal, ce qui ne se renouvelle pas. On vous dit ce qui manque, puis on chiffre après visite.

Votre demande part à une seule entreprise de rénovation qui couvre votre commune. Elle n’est ni revendue, ni diffusée à un réseau de mise en relation.